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Que faire avec la trésorerie de son entreprise en 2026 ?

✍ Nouvelles Rives Patrimoine 📅 25 mai 2026 ⏱ 7 min de lecture 📍 Marseille

Une trésorerie excédentaire qui dort sur un compte courant d’entreprise à 0,5% de rendement, c’est de l’argent qui perd de la valeur face à l’inflation. Pourtant, c’est la situation de la majorité des dirigeants de sociétés à l’IS. Voici les 5 meilleures solutions pour faire travailler cette trésorerie, en tenant compte de la fiscalité IS et de vos contraintes de liquidité.

Combien de trésorerie est réellement disponible ?

Avant de décider d’investir la trésorerie de son entreprise, il faut distinguer deux composantes que beaucoup de dirigeants confondent.

Le fonds de roulement opérationnel

C’est la trésorerie nécessaire au fonctionnement quotidien de l’entreprise : règlement des fournisseurs, salaires, charges courantes, imprévus. En général, 1 à 3 mois de charges d’exploitation constituent le matelas minimal à ne jamais toucher. Cette partie doit rester sur un compte courant liquide.

La trésorerie excédentaire

C’est tout ce qui dépasse ce fonds de roulement de sécurité. Pour une SELARL médicale réalisant 200 000 euros de résultat avec un gérant qui se verse 80 000 euros de rémunération, la trésorerie excédentaire peut s’accumuler à raison de 50 000 à 80 000 euros par an. C’est cette partie qui mérite une stratégie d’investissement structurée.

Règle pratique : avant d’investir, identifiez précisément le montant que vous pouvez immobiliser sur 3 ans minimum. La rentabilité des solutions présentées ci-dessous est directement liée à l’horizon d’investissement.

Solution 1 : le contrat de capitalisation IS

C’est la solution la plus utilisée par les professions libérales et les dirigeants de sociétés à l’IS. Le contrat de capitalisation souscrit par la société fonctionne comme une assurance vie, mais pour les personnes morales. Il donne accès à un fonds euros (capital garanti) et à des unités de compte (actions, fonds diversifiés, SCPI).

L’avantage fiscal IS du contrat de capitalisation

L’imposition IS du contrat de capitalisation est calculée non pas sur le rendement réel, mais sur les intérêts techniques (0,5% par an de la valeur nominale du contrat, en pratique). Cela crée un avantage fiscal considérable : si le contrat rapporte 5% mais que la base imposable IS est de 0,5%, la fiscalité effective est bien inférieure au régime classique.

Exemple : sur 200 000 euros investis avec un rendement de 4%, un contrat de capitalisation génère environ 8 000 euros de gain annuel, mais la base imposable IS n’est que de 1 000 euros. L’IS dû est donc de 250 euros (à 25%), contre 2 000 euros si les gains étaient imposés normalement.

À qui s’adresse cette solution ?

Le contrat de capitalisation IS est adapté à toute société à l’IS disposant d’une trésorerie excédentaire d’au moins 20 000 à 50 000 euros, avec un horizon d’investissement de 5 ans minimum. Il constitue le socle de base d’une stratégie de trésorerie IS. Plus de détails sur notre page dédiée à la trésorerie SELARL.

Solution 2 : les SCPI en pleine propriété

La société peut acquérir des parts de SCPI en pleine propriété. Les loyers trimestriels perçus sont intégrés au résultat IS de la société et imposés au taux normal (25%) ou au taux réduit (15% sur les premiers 42 500 euros de résultat). Le rendement net IS d’une bonne SCPI peut atteindre 3 à 4% par an.

Les avantages des SCPI pour la trésorerie IS

Par rapport au contrat de capitalisation, les SCPI offrent des revenus réguliers et prévisibles (distributions trimestrielles) et une indexation sur l’immobilier. Elles ne bénéficient pas d’un régime fiscal spécifique comme le contrat de capitalisation, mais leur rendement brut plus élevé (4 à 6%) compense partiellement la fiscalité normale.

Pour une SELARL médicale dont le résultat est déjà au taux réduit IS (15% sur les premiers 42 500 euros), les revenus de SCPI restent peu taxés.

Solution 3 : les comptes à terme et fonds obligataires

Pour la trésorerie à horizon court (moins de 3 ans), les comptes à terme et les fonds obligataires à maturité offrent des rendements de 2,5 à 4% selon les durées (2025-2026), avec une liquidité connue à l’avance.

Quand privilégier cette solution ?

Le compte à terme IS est pertinent pour la trésorerie de précaution à moyen terme : un investissement immobilier prévu dans 18 mois, un rachat de parts de société planifié, ou simplement la partie de trésorerie que l’on ne veut pas immobiliser sur 5 ans. C’est une solution simple, sans frais de gestion, avec un rendement garanti et un risque nul.

Solution 4 : la holding patrimoniale

Pour les dirigeants dont la société génère des excédents importants de manière régulière, la création d’une holding patrimoniale au-dessus de la société opérationnelle est souvent l’étape suivante logique.

Le régime mère-fille

La holding peut recevoir les dividendes de la filiale opérationnelle avec une quasi-exonération d’IS : seule une quote-part de frais et charges de 5% est soumise à l’IS, soit un taux effectif de 1,25% (5% x 25%). Ces dividendes sont ensuite réinvestis dans la holding sans fiscalité supplémentaire, ce qui permet d’accumuler et d’investir un capital beaucoup plus important qu’en passant par la case IR personnelle.

La holding peut ensuite investir en contrats de capitalisation, SCPI, private equity ou immobilier, avec une efficience fiscale maximale. Pour en savoir plus, consultez notre page sur la holding patrimoniale.

Solution 5 : le private equity et le capital investissement

Pour les trésoreries importantes (au-delà de 200 000 euros) et les horizons longs (5 à 10 ans), le private equity constitue une classe d’actifs complémentaire intéressante. Via des fonds professionnels de capital investissement (FPCI) ou des sociétés de libre partenariat (SLP), la société peut accéder à des rendements potentiellement supérieurs (8 à 15% par an sur les meilleurs millésimes) en échange d’une illiquidité totale pendant la durée du fonds.

Cette solution est particulièrement pertinente dans le cadre d’une opération d’apport-cession 150-0 B ter, où les 60% du produit de cession doivent être réinvestis dans des actifs économiques éligibles dans les 24 mois suivant la cession.

Tableau de synthèse : la bonne stratégie combine généralement 3 ou 4 de ces solutions selon votre montant, votre horizon et votre appétit au risque. Il n’existe pas de solution unique optimale pour toutes les situations.

Solution Rendement net IS estimé Liquidité Horizon minimum
Compte à terme IS 2,5 à 3,5% À terme 6 à 24 mois
Contrat de capitalisation 3 à 5% Bonne 5 ans
SCPI en pleine propriété 3 à 4% Moyenne 7 ans
Holding + régime mère-fille Variable Variable Long terme
Private equity (FPCI) 8 à 12% Nulle 7 à 10 ans

Pour les dirigeants en SELARL, notre guide complet sur la trésorerie SELARL détaille la mise en place concrète de ces solutions. Pour les entreprises commerciales, voir trésorerie d’entreprise.

Points clés à retenir

  • La trésorerie excédentaire d’une société à l’IS ne doit jamais rester sur un compte courant à rendement nul.
  • Le contrat de capitalisation IS est la solution de base : fiscalité allégée, accès aux fonds euros et UC, liquidité correcte.
  • Les SCPI en pleine propriété offrent un rendement net IS de 3 à 4% avec des revenus réguliers.
  • La holding patrimoniale permet de recevoir les dividendes à 1,25% d’IS effectif (régime mère-fille) et d’investir massivement.
  • Une stratégie optimale combine 3 à 4 solutions selon le montant, l’horizon et le profil de risque.

Questions fréquentes

  • Une SELARL d’exercice libéral peut acquérir des parts de SCPI en pleine propriété (actifs immobiliers collectifs). En revanche, l’acquisition d’immobilier en direct par la SELARL est généralement déconseillée car cela sort de l’objet social et peut être requalifié. La SCI séparée ou la holding patrimoniale sont les structures appropriées pour l’immobilier direct. Voir notre guide sur la holding patrimoniale.
  • Un contrat de capitalisation souscrit par une personne morale à l’IS est imposé annuellement sur une base de 105% du taux moyen des emprunts d’État (TME), soit très approximativement 0,5% de la valeur nominale du contrat. Cette base est nettement inférieure au rendement réel, créant un avantage fiscal significatif par rapport à une imposition IS normale des revenus financiers.
  • La holding devient pertinente lorsque la société opérationnelle génère régulièrement des excédents importants que vous souhaitez capitaliser sans les distribuer immédiatement sous forme de dividendes personnels. En dessous de 100 000 à 150 000 euros d’excédents annuels, les frais de création et de gestion d’une holding peuvent dépasser le gain fiscal. Voir notre analyse complète sur la holding patrimoniale.
  • En 2026, un portefeuille de trésorerie IS bien structuré peut viser 3 à 5% de rendement annuel brut : comptes à terme (2,5 à 3,5%), contrat de capitalisation fonds euros (3 à 4%), SCPI (4 à 6% brut, 3 à 4% net IS). Ces rendements sont supérieurs à l’inflation et bien meilleurs que les comptes courants professionnels classiques.
  • Il est fortement recommandé de coordonner l’investissement de la trésorerie IS avec son expert-comptable pour l’enregistrement comptable correct des actifs acquis, la déclaration IS appropriée et la cohérence avec les statuts de la société. Nous effectuons cette coordination systématiquement pour nos clients, en lien direct avec leur comptable.

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