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Combien paye vraiment un médecin libéral en impôts et charges ? | Nouvelles Rives
Professions libérales

Combien paye vraiment un médecin libéral en impôts et charges ?

✍ Nouvelles Rives Patrimoine 📅 25 mai 2026 ⏱ 8 min de lecture 📍 Marseille

Un médecin libéral qui réalise 150 000 euros de bénéfice annuel peut se retrouver à payer entre 70 000 et 90 000 euros de charges et impôts cumulés, selon sa structure juridique. Un chiffre qui surprend toujours, et qui cache des leviers d’optimisation considérables que beaucoup de praticiens ignorent ou sous-utilisent.

Les charges sociales du médecin libéral

Le médecin libéral exerçant en BNC (Bénéfices Non Commerciaux) est affilié à la CARMF pour sa retraite et à l’URSSAF pour ses cotisations maladie et allocations familiales. Le taux global de charges sociales représente en moyenne 35 à 45% du bénéfice, selon le niveau de revenus et les cotisations facultatives souscrites.

Voici les principales cotisations obligatoires pour un médecin de secteur 1 ou 2 réalisant 150 000 euros de bénéfice annuel.

Cotisation Base de calcul Montant estimé
CARMF retraite de base Revenu net Environ 10 000 €
CARMF retraite complémentaire Revenu net Environ 8 000 €
CARMF ASV (secteur 1) Forfaitaire Environ 3 500 €
URSSAF maladie maternité Revenu net Environ 9 000 €
URSSAF allocations familiales Revenu net Environ 5 000 €
CFP (formation professionnelle) Forfaitaire Environ 400 €

Soit une charge sociale totale de 35 000 à 40 000 euros pour un bénéfice de 150 000 euros, soit environ 25% du revenu brut. Mais ce n’est que la première couche d’imposition.

L’impôt sur le revenu : la réalité des chiffres

Après déduction des charges sociales, le revenu imposable à l’IR d’un médecin libéral réalisant 150 000 euros de bénéfice se situe entre 110 000 et 115 000 euros (selon les déductions disponibles). Ce revenu est alors soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu.

La tranche marginale à 45%

En 2024, le taux marginal de 45% s’applique à partir de 177 106 euros par part fiscale. Un médecin seul avec un revenu imposable de 110 000 euros se retrouve en tranche à 41%. S’y ajoutent la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) à partir de 250 000 euros pour un célibataire, et les prélèvements sociaux sur certains revenus du capital.

En pratique, l’impôt sur le revenu représente entre 25 000 et 35 000 euros pour un bénéfice BNC de 150 000 euros, selon la situation familiale.

Résultat : sur 150 000 euros de bénéfice, un médecin libéral en BNC paye en réalité entre 60 000 et 75 000 euros de charges et impôts cumulés. Il lui reste entre 75 000 et 90 000 euros disponibles. Soit un taux de prélèvement global de 40 à 50%.

BNC ou SELARL : quelle différence fiscale réelle ?

La SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) permet d’exercer sous le régime de l’impôt sur les sociétés (IS). La différence avec le BNC est fondamentale sur deux points.

Le taux d’imposition IS

En SELARL, le bénéfice de la société est imposé à l’IS : 15% sur les premiers 42 500 euros de résultat fiscal, puis 25% au-delà. La rémunération du gérant est ensuite soumise aux charges sociales TNS, mais sur un montant que le praticien choisit lui-même. Les bénéfices non distribués s’accumulent dans la société à un taux d’IS nettement inférieur au taux marginal d’IR.

L’arbitrage rémunération/dividendes

En SELARL, le médecin peut choisir de se verser une rémunération modérée (soumise aux charges TNS et à l’IR) et de laisser le solde dans la société ou de le distribuer en dividendes (soumis uniquement à la flat tax 30%). Pour un praticien avec peu de besoins de liquidités immédiates, cette stratégie peut générer 15 000 à 25 000 euros d’économie fiscale annuelle par rapport au BNC. Voir notre analyse détaillée sur l’arbitrage rémunération versus dividendes en SELARL.

Attention : la SELARL n’est pas systématiquement avantageuse. En dessous de 80 000 à 100 000 euros de bénéfice, les frais de gestion de la structure et la complexité administrative peuvent annuler le gain fiscal. Chaque situation doit être simulée.

Les leviers légaux pour payer moins

Au-delà du choix de la structure juridique, plusieurs dispositifs permettent de réduire légalement la charge fiscale d’un médecin libéral.

Le Plan d’Épargne Retraite (PER)

C’est le levier n°1. Les versements sur PER sont déductibles du revenu imposable dans la limite du plafond TNS (environ 35 000 euros pour un bénéfice de 150 000 euros, jusqu’à 85 000 euros pour les hauts revenus). Pour un médecin en TMI 41%, chaque euro versé sur PER génère 41 centimes d’économie d’impôt immédiate. Sur une carrière de 25 ans, l’effet est considérable. Consultez notre guide complet sur le PER pour les professions libérales.

La trésorerie SELARL et les contrats de capitalisation

En SELARL, la trésorerie non distribuée peut être investie sur des supports à imposition IS différée (contrats de capitalisation, SCPI professionnelles) plutôt que de rester sur un compte courant à rendement nul. Notre page sur la trésorerie SELARL détaille les meilleures solutions disponibles.

Les dispositifs de défiscalisation complémentaires

Groupements forestiers (réduction d’IR de 18%), déficit foncier sur immobilier à rénover, ou encore Malraux en secteur sauvegardé : ces dispositifs permettent d’aller au-delà du PER pour les médecins fortement imposés. L’ensemble est analysé dans notre page réduire ses impôts avant la retraite.

Simulation concrète sur un revenu de 150 000 euros

Voici une comparaison chiffrée entre une situation BNC non optimisée et une situation SELARL avec PER maximisé, pour un médecin libéral seul réalisant 150 000 euros de bénéfice annuel.

Poste BNC (non optimisé) SELARL + PER optimisé
Charges sociales TNS Environ 38 000 € Environ 28 000 €
IS sur bénéfice société Sans objet Environ 6 000 €
Impôt sur le revenu Environ 30 000 € Environ 9 000 €
Versement PER (déductible) 0 € 25 000 € (économie d’impôt incluse)
Total prélèvements effectifs Environ 68 000 € Environ 43 000 €
Économie annuelle Environ 25 000 €

Ces chiffres sont illustratifs et dépendent de nombreux paramètres (situation familiale, déductions spécifiques, niveau des cotisations Madelin existantes). Une simulation personnalisée est indispensable. C’est précisément ce que nous réalisons lors du bilan patrimonial offert.

Pour aller plus loin sur la gestion patrimoniale spécifique aux médecins libéraux, consultez notre guide dédié à la gestion de patrimoine pour les médecins.

Points clés à retenir

  • Un médecin libéral en BNC paye entre 40 et 50% de son bénéfice en charges et impôts cumulés.
  • La SELARL peut générer 15 000 à 25 000 euros d’économie fiscale annuelle par rapport au BNC au-delà de 100 000 euros de bénéfice.
  • Le PER est le levier fiscal n°1 : déduction jusqu’à 85 000 euros annuels, économie d’impôt immédiate de 28 à 45%.
  • La trésorerie non distribuée en SELARL doit être investie sur des supports à imposition différée et non laissée sur un compte courant.
  • Chaque situation est unique : une simulation annuelle avant la clôture fiscale est indispensable.

Questions fréquentes

  • Les charges sociales d’un médecin libéral en BNC représentent en moyenne 25 à 35% du bénéfice net. Elles comprennent les cotisations CARMF (retraite de base, complémentaire, invalidité-décès), les cotisations URSSAF (maladie-maternité, allocations familiales) et la contribution à la formation professionnelle. Pour un bénéfice de 150 000 euros, le montant total de cotisations sociales avoisine 35 000 à 40 000 euros.
  • Non. La SELARL n’est généralement intéressante qu’à partir de 80 000 à 100 000 euros de bénéfice annuel. En dessous, les frais de gestion comptable et la complexité administrative ne compensent pas le gain fiscal. Une simulation comparative BNC versus SELARL est réalisée gratuitement lors de notre bilan patrimonial. Voir aussi notre analyse sur l’arbitrage rémunération et dividendes.
  • Le plafond de déduction PER d’un médecin libéral en BNC est de 10% du bénéfice imposable, dans la limite de 10% de 8 fois le PASS (environ 35 000 euros pour un bénéfice standard, jusqu’à 85 000 euros pour les revenus les plus élevés). En SELARL, un PER d’entreprise peut permettre des déductions supérieures. Détails sur notre page PER professions libérales.
  • Oui, et c’est souvent la combinaison la plus efficace. La SELARL réduit la base imposable via l’IS, et le PER réduit l’IR sur la rémunération du gérant. Combinés, ces deux leviers permettent de réduire de 20 000 à 30 000 euros la charge fiscale annuelle d’un praticien réalisant 150 000 euros de bénéfice, par rapport à une situation BNC non optimisée.
  • Le plus tôt possible, idéalement dès l’installation ou au changement de structure. Les premières années d’exercice sont celles où les erreurs patrimoniaux coûtent le plus cher sur le long terme (absence de PER, absence de prévoyance, trésorerie dormante). Mais il n’est jamais trop tard. Chaque bilan patrimonial identifie des gains immédiats, quelle que soit l’étape de la carrière. Voir notre guide gestion de patrimoine médecin.

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